Les femmes rurales de la provinces de Kwilu refusent la pauvreté

Depuis plusieurs années les femmes rurales de la province du Kwilu, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) exercent diverses activités agricoles afin de générer des ressources financières susceptibles de faire face aux impératifs de la vie, notamment : la scolarité des enfants, la situation de survie, le loyer, l’épargne etc. Elles multiplient des efforts, chacune avec son rythme de travail, pour refuser la pauvreté qui rend plusieurs personnes nihilistes.

Témoignages de quelques femmes rurales…

« Si l’on est totalement pauvre sur le plan financier, l’on peut mourir comme une bête. C’est pourquoi, je consacre plus de 60 pour cent de mon temps aux travaux des champs. J’y vais quatre fois la semaine c’est-à-dire chaque lundi, mardi, jeudi et samedi. Je consacre les journées de mercredi et vendredi au marché pour vendre ce que je ramène des champs : des maïs, des maniocs, du piment etc. », témoigne Victorine Mpala, 43 ans, une des femmes paysanne de Kikwit 3 dans la commune de Nzinda.

Rencontrée au niveau du grand marché de Kikwit , dans la commune de Lukolela en train de vendre des maïs et des arachides, elle affirme que par mois elle encaisse entre 70.000 et 100.000 Francs congolais  dollars (43,7 – 62,5 dollars).

Rose Kikalungu, femme rurale de Kanzombi, rayon urbano-rural de la commune de Lukemi, a ses champs dans le secteur Kipuka, à plus de cinq kilomètres de Kikwit. « Je quitte la maison entre 3 heures et 4 heures du matin. Si je suis très fatiguée après les travaux, je dors chez ma grand-sœur qui est dans le secteur Kipuka. Pendant la saison A, mes deux champs, de 30 ares chacun, m’ont produit neuf sacs d’arachides et six sacs de maïs. Cela m’a remporté plus de 150.000 Fc (plus de 93,7 dollars). Grâce à ce travail agricole deux de mes enfants ont fini l’université », déclare-t-elle.

De son côté, Jeanne Mpilikwomo, dans la commune de Kazamba rend grâce à Dieu du fait que la terre dans plusieurs coins de la province du Kwilu est fertile. « Vraiment Dieu nous aime. Il nous a confié une terre fertile partout dans la province. Je rends grâce à ce Tout-Puissant qui nous a facilités la vie avec des espaces où des gens peuvent défricher des champs. Comment allions-nous vivre s’il n’y avait pas d’agriculture ?  Pour moi, les femmes les plus pauvres sont celles qui ne veulent pas tenir la houe aux champs », indique-t-elle.

Elle ajoute qu’après-vente de ses produits de champs, elle garde chaque fois 30 pour cent de ses ressources financières dans une coopérative d’épargne et des crédits de la place. « A part la coopérative, j’oriente également mon argent vers des ristournes qui me rapportent encore un plus pour relever le défi de la pauvreté », dit-elle.

La province du Kwilu, comme plusieurs provinces de la RDC, est essentiellement agricole.  Les spécialistes du développement rural affirment que plus de 70 pour cent de la population vit de cette activité. Parmi les acteurs, 65 pour cent sont des femmes. Celles-ci sont les plus nombreuses en milieu rural ; ajoutent ces  spécialistes.

« Les femmes rurales sont des héros dans l’ombre. Elles méritent des  »révérences » au regard des retombées de leurs activités sur la vie dans des familles. Ces femmes ont droit à la dignité et aux trophées. Elles n’étaient pas là, des milliers de familles s’écrouleraient économiquement. Que le gouvernement de notre pays mette sur pied une politique d’accompagnement de toutes les femmes rurales», indique Fabien Mpoo, activiste des droits humains dans la province du Kwilu.

Badylon KAWANDA

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